Accéder au contenu principal

Transports au Mali : Les compagnies du chaos

Transports au Mali : Les compagnies du chaos

Dépêches dumali.com 
Manque de ponctualité, vétusté des parcs, inconfort notoire et risques éventuels pour la sécurité des passagers…  voilà le lot quotidien des compagnies de transport maliennes qui, à longueur de journée, s’évertuent à saboter la précieuse notion de la satisfaction de la clientèle.
Les compagnies de transport routier du Mali, de plus en plus, défrayent la chronique. Satisfaire la clientèle semble la dernière de leurs préoccupations. Elles sont pourtant une cinquantaine à exercer sur les routes nationales et internationales.
L’après-Indépendance (à partir de 1960) a vu l’éclosion d’une flopée de compagnies  de transport au Mali. Ces vingt dernières années, c’est à un foisonnement des compagnies de transport que l’on a assisté. Aujourd’hui encore, de nouvelles sociétés émergent.
Avoisinant ainsi la trentaine, selon l’ordre d’immatriculation du Conseil malien des transporteurs routiers (CMTR), ces sociétés font le plus souvent l’objet de critiques virulentes eu égard à leurs piètres prestations. Plantureusement installées dans différentes gares routières à Bamako et présentes sur toutes les routes nationales et internationales hormis celles de Guinée-Conakry, elles interviennent non seulement dans le transport urbain mais aussi interurbain : Bamako-Ouagadougou, Bamako-Sénégal, Bamako-Mauritanie, Bamako-Côte-d’Ivoire…
La mauvaise image qu’elles véhiculent  n’empêche pas les jeunes, notamment ceux qui sont déscolarisés, à y faire carrière. En effet, les sociétés de transport constituent un véritable gisement d’emplois pour des milliers  de chômeurs.
L’exemple de la compagnie Gana Transport l’illustre assez bien. Logé au flanc de la colline de Koulouba au Nord-Est de Bamako, cette société créée il y a plus de cinquante ans compte à ce jour trois cent dix agents, qui y travaillent à temps plein ou de façon saisonnière.
En… perte de vitesse
Binkè Transport, située sur la rive droite de la capitale, où sont logées la plupart des compagnies, est l’une des plus vieilles entreprises de transport du Mali. Elle met le cap sur le rajeunissement de son équipe. Ainsi, elle a mis à la retraite ses vétérans Objectif : reconquérir ses lustres d’antan. Mais hélas, le rajeunissement ne s’est pas étendu au matériel, si l’on en croit Alassane Maïga, un chauffeur de la société, habitué de l’axe Bamako-Mopti-Gao. Il déplore les conditions de travail et l’état de vétusté très avancé des bus de sa compagnie, regrettant que la direction n’ait pris aucune mesure pour remplacer les véhicules. Ainsi impute-t-il les incessantes pannes à l’irresponsabilité de ses directeurs, mais aussi, ajoute-t-il, aux autorités dont « le dernier souci est de soigner le secteur des transports ».
Au banc des compagnies en perte de vitesse figure Bittar Transport, celle de l’homme politique Jeamille Bittar, candidat à la dernière présidentielle. La ponctualité attribuée, à grand renfort de publicité, à ses véhicules depuis les premières heures de son lancement n’est, en effet, qu’un grotesque leurre.
Le cadet des soucis de l’État
Dotées pour la plupart d’un parc  vieillissant, les compagnies de transport ne sont désormais plus que l’ombre d’elles-mêmes. « De véritables ferrailles roulantes craquant à tout bout de champ, plongeant de façon très récurrente les passagers dans un désarroi total », ironise Broulaye Traoré, un forain de Téné, village situé à mi-parcours entre Ségou et Mopti où se tient une foire tous les jeudis.
Au nombre des compagnies les plus boudées par les usagers, on remarque les plus anciennes. À savoir, Somatra, Balazan, Binkè, Bittar, Bani… qui paraissent de plus en plus essoufflées sur les grands axes du pays.
Un passager nous donne un témoignage assez édifiant à propos du tronçon Bamako-Ségou-Mopti. Sa colère est manifeste et poignante. En effet, nous confie-t-il, le bus de la compagnie Binkè est tombé au moins cinq fois en panne entre Bamako et Ségou lors de son dernier voyage, qui remonte au mercredi 26 février dernier.
Le problème est que l’État malien n’intervient pas dans ce secteur pourtant si fortement sollicité des usagers, même s’il affirme injecter tous les ans plus de quinze milliards de francs CFA dans les travaux d’entretien des routes nationales. Son approche devrait être davantage structurelle.
Pour soulager les passagers des transports publics qui subissent un véritable calvaire, ces compagnies comptent aujourd’hui sur d’éventuelles subventions pour mieux organiser le secteur. En l’absence de réelles capacités d’investissement innovant, les opérateurs attendent désespérément le secours de l’État et de ses partenaires.
Par David Dembélé
Depechesdumali

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

AVIS DE RECRUTEMENT - RECRUTE UN ASSISTANT FINANCIER ( H / F )

AVIS DE RECRUTEMENT Le Centre de Promotion des Métiers de la Chaudronnerie et de la Tuyauterie ( CPMCT - Nègè Blon ), une ONG nationale lance par le présent avis le recrutement d’un (e) assistant(e) financier(e). RÔLE -           Assurer la tenue de la comptabilité dans le respect de la règlementation et des procédures de l’organisation afin de permettre la production d’une information financière fiable. -            Veiller au respect des procédures comptables et financières dans l’organisation. TÂCHES -           Vérification de la qualité des pièces comptables -           Réalisation des imputations comptables sur les pièces comptables -           Saisie des pièces comptables -         ...

LA SOCIETE IMAGRI SARL (INDUSTRIE MALIENNE POUR L'AGRICULTURE)

RECRUTE LES SPECIALITES SUIVANTES HSE SUR SITE (HYGIENE SECURITE ENVIRONNEMENT)   Différentes taches : 1.       Analyses des risques 2.       Etre bilingue (français –anglais) 3.       Veiller aux ports des EPI 4.       Commander les EPI 5.       Assurer la communication entre la direction et les ouvriers 6.       Gestion des travailleurs et des heures de travail 7.       Etablir des rapports d’activités 8.       Accident de travail ·          GRUTIER SUR SITE 1.       Grutier d’expérience des sites miniers 2.       Etre capable de conduire des grues jusqu’à 100 tonnes ·     ...

Discours du Président du CJEM lors de la soirée traditionnelle.

Mes dames et messieurs, Honorables et distingués invités. En cette circonstance heureuse qui est la fête de notre premier anniversaire, le Collectif des Jeunes sans Emploi au Mali (CJEM) par ma voix vous souhaite chaleureusement la bienvenue. La présente soirée traditionnelle témoigne notre engagement à montrer à la jeunesse malienne les valeurs culturelles que recèle notre chère Partie qui est le Mali. Aujourd’hui, est un grand jour pour nous de fêter et de jouir le fruit de notre labeur d’un an. Le CJEM est un regroupement des jeunes, étudiants et diplômés restés toujours fidèles aux idéaux de la lutte contre le chômage des jeunes maliens. La situation de la jeunesse malienne est un sujet de préoccupation majeure pour le CJEM. Le CJEM travaille pour l’amélioration des conditions d’insertion des jeunes dans une société qui prône la fraternité entre les peuples dans un esprit humaniste pour la liberté, la paix et la justice. Pour atteindre ses objectifs, le colle...