Libération des voies publiques / La fermeté jusqu’au bout
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- Date: 5 MARS 2014
-Les marchants grincent les dents
-Les habitants de Bozola protestent
Pour
rendre fluide la circulation à Bamako, les autorités maliennes ont pris
certaines dispositions pour déguerpir les marchants au bord des
différents artères pour ensuite les recasés. Reporter à mainte reprise,
le déguerpissement a finalement eu lieu hier lundi 3 mars 2014. Les
forces de l’ordre et les agents n’ont certes pas eu trop de problème
pour déguerpir les occupants de ces lieux. Mais forces est de
reconnaitre que les différentes parties ont du mal à accorder leurs
violons. Pour preuve, les policiers étaient aux aguets durant toute la
journée d’hier pour ramener les commerçants récalcitrants à la raison.
Les habitants de Bozola, eux aussi, s’opposent au recasement des
commerçants au motif qu’il y a un manque de place.
Suite à deux reports successifs de l’opération pour la libération des voies publiques de
la capitale, les 7 et 17 février dernier, la décision prise par le
ministère de la sécurité intérieure en vue de fluidifier la circulation à
Bamako vient de commencer. C’est enfin ce lundi 3 mars qu’a pris acte
de façon concrète, l’opération de libération des voies publiques pour la
fluidité de la circulation à Bamako. Pour
faciliter la coopération des intéressés, une campagne de
sensibilisation avait alors été menée avec la mise en place de
sous-commissions (anneau Sotrama, recensement et installation) placée
sous la responsabilité du ministre du Commerce, Abdoul Karim Konaté dans
l’optique de créer de meilleures conditions du « déguerpissement ».
Et enfin ce lundi 3 mars, l’opération a démarré sous l’œil vigilant des
forces de l’ordre. Les principales artères concernées sont : l’avenue
Kassé Kéïta à la rue Karamoko Diaby ; la maison des Artisans de Bamako ;
la DNCC (direction nationale de la concurrence), l’anneau des Sotrama
c'est-à-dire de la zone Dabanani, la rue passant par Gabriel Touré
jusqu’à la devanture des Halles de Bamako. Après ces axes, il est prévu
de dégager d’autres artères
empêchant la fluidité des voies publiques de Bamako. Et pour ce faire,
vendeurs ambulants, kiosques, boutiques anarchiques, mendiants et autres
inégalement installés sont désormais obligés de libérer le trafic. Rappelons
que le ministre, Abdel Kader Konaté avait, pour le besoin, intensifié
les campagnes d’échanges et de dialogues avec l’ensemble des différents
acteurs. Bien qu’il avait prôné le dialogue, il n’a manqué de montrer
sa fermeté en ce qui concerne l’application de l’opération « coup de
poing » de ce jour. Mais le hic est que les habitants de Bozola
s’opposent farouchement à l’installation des kiosques des commerçants
devant être recasés. Ils ont affirmé qu’il n’y’a pas de place dans leurs
quartier. « Cette décision
d’installer les kiosques des commerçants a été prise sans que nous
soyons consulté. Nous n’étions pas au courant. Nous n’avons pas de place
pour nos cérémonies funèbres. Nous avons même commencé à déguerpir ceux
qui sont ici à plus forte raison ceux qui doivent venir. En cas
d’incendie, la protection civile aura du mal à accéder car il n’y’a
qu’une seule porte d’entrée et de sorti dans le quartier», a dit le
président de la jeunesse de Bozola Lampanikoro, Ibrahim Kouyaté. En en
croire Gaoussou Haïdara, notable du quartier, cette décision résulte
d’un travail bâclé par les enquêteur. Pour lui, c’est suite à cette
enquête mené en catimini qu’il a été rapporté aux autorités qu’il n’y’a
plus de maison à usage d’habitation et qu’il n’y’a que des boutiques. « Cette information est fausse car ce quartier est bourrer de maison »,
a-t- il dit. Selon Mamadou Bagayoko, un habitant de Bozola, la seule
solution est de recaser les commerçants concernés à N’Golonina et aux
Halles de Bamako. Pourtant les commerçants souhaitent ou du moins
exigent un lieu pour qu’ils puissent vendre. « Aujourd’hui
je n’ai pas pu vendre faute de place. Les forces de l’ordre sont venues
ramasser toutes les tables se trouvant sur la route. Je gagnais au
moins 5000 FCFA par jour, mais aujourd’hui je n’ai rien eu parce que je
n’ai pas vendu alors que je suis un chef de famille. Mais si l’Etat
décide ainsi, on n’a pas le choix. Mais on souhaite que l’Etat nous
trouve un lieu adéquat pour que nous puisons vendre nos articles »,
a dit un vendeur de moustiquaire. Dramane Traoré, commerçant d’habits a
signalé qu’aucun lieu de recasement ne leur a été présenté. « Je peux vendre 100 000 F par jour, mais aujourd’hui je n’ai rien gagné », a-t- il dit. Au moment du passage de notre équipe de reportage, la devanture des halles de Bamako était vide, idem pour la route menant au ‘’Rail da’’ même si quelque récalcitrants étaient perceptibles.
Aguibou Sogodogo, Youssouf Z Keïta & Khadydiatou Sanogo
Source: Lerepublicainmali
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