Le thème de la conférence « sécurité
humaine, paix et développement » cadre avec les priorités des Etats africains
pris individuellement, mais aussi des Nations-Unies.
« Sécurité humaine, paix et développement
» est le thème retenu par les autorités du Nigeria qui entendaient ainsi
poursuivre les échanges et le partage d’expériences de la Conférence sur la
paix, la sécurité et le développement tenue en décembre de l’année dernière à
Paris. Les chefs d’Etat et représentants d’institutions de développement
d’Afrique et d’Europe ont tour à tour pris la parole pour expliquer leur point
de vue et leurs expériences sur la question, mais également pour faire des
propositions. Des recommandations vont sanctionner la conférence.
Le chef de l’Etat du Nigeria a remercié
ses hôtes pour leur présence à la cérémonie qu’il considère également comme le
centenaire de l’Afrique. L’événement se déroule dans un contexte marqué par la
renaissance de l’Afrique et la célébration du cinquantenaire de l’Union
africaine, a-t-il rappelé. En choisissant le thème « sécurité, paix et
développement », le Nigeria veut également pousser la réflexion sur les défis
qui freinent le développement de notre continent. « Il est aujourd’hui
unanimement accepté que la sécurité, la paix et le développement sont liés et
sont le socle de tout processus de développement », a souligné Goodluck
Jonathan. Le concept de sécurité, paix et développement exige, de son point de
vue, des institutions fortes, crédibles, et surtout le renforcement du dialogue
politique avec les forces vives de la Nation. Son pays est engagé depuis
plusieurs années sur cette voie. « Il faut que les dirigeants africains travaillent
au renforcement de la démocratie, de la justice sociale, de la lutte contre la
corruption afin de servir l’intérêt général », a préconisé le président de la
République du Nigeria.
La démocratie doit être un levier du
renouveau économique, mais aussi de l’unité nationale sans laquelle aucun
développement n’est possible. Pour atteindre ces objectifs, les Africains
doivent travailler à l’unification du continent, a souligné le président
nigérian. Il a aussi encouragé la pérennisation du mécanisme africain
d’évaluation par les pairs et la collaboration transfrontalière pour faire face
aux défis du terrorisme et des trafics néfastes à nos économies. Goodluck
Jonathan a souhaité la vitalisation du secteur privé, l’accélération des
actions en faveur de la transformation de l’agriculture, de l’accès au foncier,
de réhabilitation des routes et de la mise en place d’infrastructures de
développement. « Le continent africain sera ce que sera l’intégration
économique. Nous devons travailler dans le sens d’une croissance forte qui tire
le monde », a souhaité le président nigérian qui entend que les organisations
sous régionales et l’Union africaine soient des instruments de mise en commun
des synergies des peuples africains.
20 000 SOLDATS AFRICAINS. Les présidents Yayi
Boni du Benin et Blaise Compaoré du Burkina Faso ont plaidé pour la réalisation
d’actions panafricanistes en vue de la renaissance et de l’unité africaine. «
L’interconnexion de nos Etats à travers les infrastructures, notamment dans les
domaines des routes, de l’énergie, des télécommunication et l’amélioration de
l’accès des populations aux services sociaux de base, la création d’emplois
pour les jeunes sont des actions qui concourent à la réalisation des Objectifs
du Millénaire pour développement (OMD) », a énuméré le président béninois.
L’atteinte des objectifs des OMD est un impératif pour nos pays, a assuré Yayi
Boni.
Le président français François Hollande,
invité d’honneur de la conférence, a salué le président nigérian et ses pairs
pour cette initiative qui traduit les liens historiques entre son pays et
surtout entre l’Europe et l’Afrique. « 100 ans pour une nation, c’est jeune,
mais c’est une histoire », a jugé François Hollande qui est revenu sur
l’unification de la nation nigériane, l’indépendance du pays, la guerre du
Biafra et les processus de réconciliation menés par les différents
gouvernements.
« Le Nigéria fait aujourd’hui face au
terrorisme qui fait des morts parmi les civils, détruit les écoles, les
villages, tue les enfants, et fait des otages. Le combat est le nôtre. Nous
apporterons notre soutien et notre soutien au pays », a assuré François
Hollande qui a salué les actions engagées par les autorités nigérianes depuis
1999. Ces actions ont permis au pays de construire une démocratie avec des
institutions fortes, de créer une croissance rapide et d’élever le niveau des
populations. La France a un partenariat avec le Nigeria dans le cadre du
développement des transports, et de la création d’emplois. François Hollande a
exhorté à une synergie d’actions entre la France, l’Europe et l’Afrique pour
faire face aux défis communs.
UN LOURD TRIBUT. « Le contient africain
est touché par le terrorisme. Tout ce qui se passe en Afrique peut avoir des
conséquences en Europe », a-t-il averti justifiant ainsi l’intervention
militaire française en cours au Mali et en Centrafrique.
Le dispositif sécuritaire de la France en
Afrique va être modifié. Les forces françaises ne seront plus statiques. Elles
vont être mobiles et la France s’engage à former chaque année 20 000 soldats
africains, avec l’appui de la CEDEAO et de l’UA, a annoncé le président
français qui a dénoncé la piraterie dans le Golfe de Guinée. Concernant le
trafic des armes, le président Hollande a jugé nécessaire d’accélérer
l’adoption du traité sur le commerce des armes. La France a adhéré à
l’initiative.
Dans le cadre de la lutte contre les
conflits inter-religieux, la France exhorte les peuples africains à la
vigilance et à l’union. L’intervention de la France en Centrafrique vise,
conformément aux objectifs de l’Onu, à permettre la restauration de l’autorité
de l’Etat et la préservation de l’unité du pays.
« La sécurité est essentielle pour le
développement. L’Afrique est un continent d’avenir, mais qui peut être
hypothéquée par les crise », a averti François Hollande. Il a confirmé que 80%
de l’aide de la France va en Afrique. Son pays entend doubler sa part d’aide au
continent afin d’aider les pays africains à assurer leur propre développement.
Le centenaire de l’unification du Nigéria
est symbolique, a indiqué le président de la République Ibrahim Boubacar Kéïta.
Il a salué les avancées réalisées par le pays et le choix du thème sécurité
humaine, paix et développement qui cadre avec les priorités de nos Etats, pris
individuellement, mais aussi des Nations Unies. Le Mali, a rappelé le chef de
l’Etat, a payé un lourd tribut pour la paix et la sécurité et accorde une
importance capitale à toutes les actions visant à la stabilité dans les pays.
Il a remercié le gouvernement du Nigéria et l’a encouragé dans sa lutte contre
les islamistes et terrorisme.
« La CEDEAO, dans laquelle le Nigéria a un
poids, et l’Union africaine ont permis au Mali de revenir dans le giron des
nations », a rappelé IBK qui a remercié ses pairs et estimé que les recommandations
de la conférence aideront nos pays à atteindre leurs objectifs de
développement. Il a également remercié le gouvernement nigérian pour ses
actions en faveur du Mali.
Envoyé Spécial
Be COULIBALY
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